Au XIe siècle, les hauteurs du village sont choisies par les Almoravides pour la défense des côtes nord-est de la Tunisie. Des tours de guets et des tours à feu y sont construites.

Sidi Bou Saïd: ville-phare

Elles donnent d'ailleurs l'appellation de la colline : Djebel Menara (« montagne du phare »). Abou Saïd Khalaf Ibn Yahya el-Tamini el-Béji, alias Sidi Bou Saïd, enseigne dans la rue qu'il habite à Tunis et qui a depuis conservé son nom.

Vers la fin de sa vie, il se retire sur le Djebel Menara, dans le ribat construit sur la colline dominant le cap Carthage, pour monter la garde et y enseigner le soufisme. Il est alors surnommé « maître des mers » à cause de la protection que les marins naviguant à proximité du site pensent recevoir. Il meurt en 1231 et est enterré sur la colline. Sa zouala constitue sans doute le premier élément du village qui prendra son nom.

Une légende raconte que Sidi bou Saïd ne serait personne d'autre que Louis IX, dit Saint Louis, qui débarqua à Tunis vers 1270 lors de la huitième croisade. Lors du siège de Carthage, alors que son armée était décimée par la peste et la dysenterie, le roi se serait déguisé en berger, Saïd, et se serait retiré sur la colline. Devenu lecteur assidu du Coran, converti au soufisme, il serait devenu un mystique respecté de tous. (*)

Le phare actuel domine la colline et sert toujours de guide aux navigateurs.

 

Plusieurs autres marabouts ont vécu à Sidi Bou Saïd.

Les plus connus sont Sidi Dhrif qui résidait sur le versant du village coté Gammarth, Sidi Chabaane enterré face à la mer, à l'endroit où est actuellement le café des Délices, Sidi Boufarès, Sidi Ghebrini dont une rue porte le nom, Sidi Hassine ou Sidi Jebali.

Au début du XXème siècle, vivaient au village Sidi Azizi ("Banana" - notre père)  dont le mausolée est à proximité du café des Nattes,  Ommi Messaoudi réputé pour sa générosité et Sidi Faouah el Mesk.

Parmi les saints de Sidi Bou Saïd, on trouve 2 femmes: Lella Cherifa et Lella Meimoura.

 

Le village bleu et blanc

Dès le XVIIe siècle, le charme de ce village séduit la bourgeoisie tunisoise et la famille beylicale husseinite qui y fait construire des demeures luxueuses de style arabo-musulman telles que Dar Dellagi, Dar Mohsen, Dar Thameur, Dar Arif, Dar Lasram, Dar Debbagh, Dar Chérif, Dar Bahri, le palais de Naceur Bey...  Il reçoit le nom de Sidi Bou Saïd lorsqu'il devient le siège d'une municipalité en 1893.  Le 28 août 1815,  un décret est pris pour assurer la protection du village, imposant le bleu et le blanc si chers au baron d'Erlanger et interdisant toute construction anarchique sur le promontoire, faisant de Sidi Bou Saïd le premier site classé au monde. (*)

 

Sidi Bou Saïd est rattaché au site de Carthage, classé au patrimoine mondial par l'Unesco en 1979. Toutefois, les consignes de l'Unesco cèdent devant l'urbanisation qui se développe depuis Sidi Bou Saïd jusqu'à La Malga et Salammbô. (*)

Sidi bou Saïd, ville des écrivains et des artistes

À partir du XIXe siècle, Sidi Bou Saïd attire un grand nombre d'artistes, musiciens et écrivains dont Chateaubriand, Gustave Flaubert, Alphonse de Lamartine, André Gide, Colette et Simone de Beauvoir. Michel Foucault y rédige l'Archéologie du Savoir. (*)

Sidi Bou Saïd, ville symbole de la reconstruction tunisienne

Le 12 janvier 2013, le mausolée de Sidi Bou Saïd est complètement incendié ; il avait subi des menaces de la part de salafistes. Des travaux de restauration et d'aménagement sont entrepris par la suite et le monument a retrouvé son intégrité. (*)

(*) d'après Wikipédia

Classé parmi les 13 plus charmants villages du monde

Le village actuel

Histoire